Chant3
Rester en position d'inspiration
Il s'agit de la même technique que ci-dessus, mais abordée différemment, d'une manière plus opérationnelle qu'analytique!
Le chanteur doit d'abord être bien persuadé que si ses cordes vocales et ses résonateurs sont exempts de toute tension et librement coordonnés, il n'a aucun besoin d'une pression sous-glottique artificiellement obtenue pour produire un son acoustiquement efficace.
Il doit se persuader que la tendance naturelle des poumons à se vider est suffisante à générer un léger flux d'air qui va entretenir la vibration des cordes vocales.
Si la vibration des cordes vocales est parfaitement pure et parfaitement amplifiée, le chanteur peut et doit en permanence soutenir le moins possible.
Ce moins possible est l'effort qui permet de maintenir ouverte la cage thoracique.
Le chanteur qui cherche à le faire volontairement va certainement se contracter progressivement. Si, au contraire, il se contente d'inspirer et de rester en position d'inspiration, c'est à dire non seulement d'imaginer, mais aussi de croire continuer à inspirer tout en chantant, l'action musculaire qui empêche l'affaissement de la cage thoracique devient spontanée.
Appoggio aura alors un sens d'appui du souffle contre le diaphragme, de haut en bas, sachant que l'idée de continuer à inspirer (et donc de laisser ouvert et détendu tout le conduit respiratoire, qui est aussi le conduit vocal pour sa partie située au-dessus de la glotte) empêchera d'appuyer réellement et d'affaisser ce faisant le haut de la cage thoracique.
La voix sera ainsi connectée au diaphragme sur toute sa surface, donc aux viscères. L'abdomen sera musculairement "éveillé", mais non contracté.
Idéalement, une activité musculaire devrait se déclencher par contre plus bas, dans la région pubienne ou inguinale. En l'absence de tout durcissement abdominal, cette région ne sera que très souplement connectée à la cage thoracique. L'ensemble du torse sera "ouvert".
Si le corps est correctement centré et décambré, si la posture est bonne et si la respiration est profonde et détendue, une activité musculaire sera également ressentie dans le bas du dos, dans la région des reins - cette région même qui se "gonfle" lors d'une respiration dorsale (voir l'exercice physique de Respiration lombaire).
Étant donné la détente qui doit caractériser cet appoggio, l'activité musculaire pelvienne se confond passablement avec celle qui nous permet de tenir debout!
Le grand intérêt de ce type de soutien vocal consiste en la détente qu'il permet de conserver. Les reprises de souffle en sont grandement facilitées. Le chanteur ne se bloque jamais, pour peu qu'il intègre l'idée qu'il aura toujours suffisamment de souffle et que sa voix sera suffisamment soutenue sans effort supplémentaire.
À la fin d'une phrase, ou pour un aigu, il faudra penser à s'ouvrir davantage plutôt qu'à tenir ou à donner un coup musculairement. Il faut aérer ses aigus, les lancer à partir d'un grand matelas d'air, en se concentrant, selon son niveau de développement, d'abord sur le maintien de la position d'inspiration au niveau des basses côtes, puis sur le maintien de la connexion la plus basse possible.
Le "mouvement contraire" et l'appui sur le diaphragme, exposés par Colette Wyss avec une remarquable clarté, se rattachent à cette conception du maintien de la position d'inspiration, qu'elle décrit d'ailleurs elle-même pp.15 et 17.
Miller défend aussi, de manière plus confuse, cette conception (p.26 sq. de La Structure du Chant).
L'article Tao et mouvement continu peut également vous aider à assimiler ce schéma.

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